La Punaise diabolique Halyomorpha halys est originaire d’Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée). Elle a été introduite en Europe dès 2004 (premier signalement à Zurich en Suisse) et s’est rapidement répandue dans la plupart des pays européens. Elle est abondante dans les milieux urbanisés autant qu’en zone naturelle. Elle s’attaque à plus de 200 espèces végétales, dont de nombreux arbres fruitiers (poires, cerises, pêches, framboises), légumes (tomates, concombres, poivrons) et cultures en champ (maïs, soja). Les adultes hivernent dans les bâtiments et peuvent devenir une nuisance importante en automne.
Biologie
Classification
La Punaise diabolique appartient à la famille des Pentatomidae, dans l’ordre des Hémiptères (punaises), des insectes caractérisés par des pièces buccales piqueuses-suceuses et des ailes membraneuses partiellement recouvertes d’hémélytres.
Morphologie
L’adulte mesure entre 12 et 17 mm, avec un corps marbré brun caractéristique. Il est reconnaissable à ses cinq points jaunes sous le pronotum et à son abdomen clair orné de quelques points noirs sur les bords. Il est actif d’avril à octobre dès que les températures dépassent 10-15 °C. Selon les régions et les conditions climatiques, une ou deux générations se développent par an. Les adultes cherchent des abris pour hiverner, notamment dans les bâtiments, ce qui peut entraîner des invasions domestiques en automne.
Elle peut être confondue avec une espèce locale, la Punaise grise Rhaphigaster nebulosa, un peu plus élancée et luisante, avec une épine ventrale et une ponctuation noire très marquée sous l’abdomen.
Alimentation
La Punaise diabolique se nourrit en piquant les fruits, légumes et graines avec ses pièces buccales piqueuses-suceuses. Sur les fruits, cela provoque des déformations (aspect « cat-facing »), des nécroses internes, des taches et des chutes prématurées. Les cultures les plus touchées sont les arbres fruitiers (poires, cerises, pêches, pommes), les petits fruits (framboises) et certains légumes (tomates, concombres, poivrons). Des dégâts importants ont été signalés dès 2015 au Tessin sur les pêches et les poires, puis en 2017 au nord des Alpes sur les cultures fruitières.
Moyens de lutte
En Suisse, la punaise diabolique est largement répandue et fait l’objet d’un suivi national coordonné par Agroscope. Aucun pesticide spécifique n’est actuellement homologué contre cette espèce. Des mesures de lutte alternatives sont testées : filets d’exclusion, techniques culturales, stratégies attract-and-kill et introduction d’antagonistes naturels comme la guêpe samouraï (Trissolcus japonicus). La détection précoce et le monitoring restent essentiels pour limiter les dégâts économiques sur les cultures spéciales.
La punaise est présente sur une grande partie du territoire helvétique, y compris le Plateau central, les régions autour de Bâle, entre Berne et le lac Léman, le Tessin et le Valais. Des dégâts sur cultures fruitières ont été signalés dès 2015 au Tessin et 2017 au nord des Alpes.
Des informations à jour sont disponibles auprès des administrations en charge :
- La punaise diabolique – Fiche d’information, par le NCCS / Agroscope